Guerre

Jean Chauvin

Guerre

1939

Bronze patiné (scanné en 3D)

Dès 1939, Chauvin préfigure dans cette sculpture la puissance de la mécanique moderne qui va embraser le monde. C’est ici les formes qui témoignent de la catastrophe que les mots ne peuvent encore décrire. Mécanique et organique, humaine et animale, paysage désolé d’un front sous lequel émerge un sein matrice de la vie, inébranlable espoir de l’humain.

Bio

Jean Chauvin est né à Rochefort (Charente-Maritime) le 30 mars 1889. Seul survivant d’une fratrie de six enfants dont son jumeau André Joseph. Toute son œuvre sera profondément marquée par le thème de la naissance et de la gémellité. Il s'installe à Paris en 1908. Il s’inscrit à l'École des Arts Décoratifs le 14 mars puis on le retrouve ensuite à l'École des Beaux-Arts, où il fréquente l'atelier du sculpteur Antonin Mercié à compter du 7 janvier 1909. Chauvin expose au Salon d’automne et à celui des Indépendants Il participe à la taille de "La Frise de la danse" de Joseph Bernard (actuellement au Musée d’Orsay), mais s’oriente définitivement vers la sculpture abstraite. Son œuvre va des formes les plus simples, les plus abstraites—courbes et oves—à des formes plus complexes qui évoquent d'une manière à la fois claire et mystérieuse l'humain, le végétal, l'animal et même le sexuel. Il ne saurait, au sujet de Chauvin, être question d'art abstrait car chaque œuvre conserve une signification bien réelle et souvent même est faite d'allusions fort précises, mais la stylisation aboutit à un art sensible et géométrique dont la sensualité –évidente mais transposée – est dépouillée de tout élément anecdotique.Dans les années 50, il expose aux côtés de Brancusi, Arp et Zadkine. Il représente la France à la Biennale de Venise en 1962. On le désigne parfois comme le plus méconnu de nos grands sculpteurs. Une discrétion absolue, une solitude bien gardée, aucun sens de la publicité... un artiste impeccable, d'une originalité rare et d'une audace extrême…